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"Le ciel et la terre sont inhumains ;
ils traitent les dix mille êtres comme des chiens de paille.
Les Saints sont inhumains ;
ils traitent le peuple comme des chiens de paille.
L’espace entre le ciel et la terre,
comme il ressemble à un soufflet de forge !
Vidé, il n’est pas épuisé ;
mis en branle, il produit de plus en plus.
Une quantité de mots est vite épuisée.
Mieux vaut conserver le juste milieu.(...)"
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Sur la pointe des pieds, on ne se tient pas debout.
Avec les jambes écartées, on ne marche pas.
En s’exhibant, on ne brille pas.
En s’affirmant, on ne se manifeste pas.
En se vantant, on ne réussit pas.
En se targuant, on ne devient pas le chef.
D’une telle attitude à l’égard de la Voie, on peut dire :
« Une nourriture surabondante et des actions répétées
jusqu’à l’écœurement répugnent, sans doute, à tous les êtres. »
C’est pourquoi celui qui possède la Voie ne s’en occupe pas..(...)
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Ce que l’on regarde sans le voir s’appelle incolore.
Ce que l’on écoute sans l’entendre s’appelle aphone.
Ce que l’on touche sans le saisir s’appelle subtil.
Ces trois qualités ne peuvent être scrutées davantage,
car, confondues, elles ne font qu’un.
Son lever n’est pas rayonnant ni son coucher obscur.
Opérant en ramifications infinies qui ne peuvent être
exprimées par des termes, elle retourne à l’immatériel.
C’est ce qu’on appelle Forme de l’Informe, Image de
l’Immatériel ; mais ces appellations ne sont que de
vagues approximations.
Va
au devant d’elle et tu n’en verras pas le chef. Suis-la
et tu n’en
verras pas l’arrière.
Si l’on s’attache à la voie de l’antiquité pour
diriger
l’existence d’aujourd’hui, on peut connaître
l’origine
primordiale ; cela s’appelle démêler le fil de la Voie.
(...)
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Quand la grande Voie est déchue,
il y a l’humanité et la justice.
Quand l’intelligence et la connaissance se montrent,
il y a une grande culture artificielle.
Quand les six parents ne vivent pas en harmonie,
il y a des fils filiaux.
Quand l’État et la dynastie sombrent dans le désordre,
il y a des ministres fidèles.
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Sur la pointe des pieds, on ne se tient pas debout.
Avec les jambes écartées, on ne marche pas.
En s’exhibant, on ne brille pas.
En s’affirmant, on ne se manifeste pas.
En se vantant, on ne réussit pas.
En se targuant, on ne devient pas le chef.
D’une telle attitude à l’égard de la Voie, on peut dire :
« Une nourriture surabondante et des actions répétées
jusqu’à l’écœurement répugnent, sans doute, à (tous) les
êtres. »
C’est pourquoi
celui qui possède la Voie ne s’en occupe
pas.
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Ceux qui veulent saisir l'empire par l'action,
j'ai vu qu'ils sont tombés dans l'embarras.
On peut façonner le vase spirituel de l'empire.
Quiconque le façonne l'abîme.
Quiconque le retient le perd.
C'est pourquoi le saint ne fait rien, et ainsi il n'abîme rien,
il ne retient rien, et ainsi il ne perd rien.
Car les êtres soont tantôt en avant, tantôt en arrière,
tantôt ils soufflent doucement, tantôt ils halètent violemment,
tantôt ils sont forts, tantôt ils sont embarrassés,
tantôt ils commencent, tantôt ils déchoient.
C'est pourquoi le saint évite une trop grande emphase,
il évite de se prodiguer, il évite ce qui est excessif.
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Si l’on traite (le vase) le plus achevé comme fêlé, il
ne
s’abîme pas à l’usage.
Si l’on traite le vase le plus plein comme vide, il ne
s’épuise pas à l’usage.
Le plus droit, considère-le comme tordu ; le plus habile,
comme maladroit ; le plus éloquent, comme un bégayant.
Si le trépignement surmonte le froid, la tranquillité
surmonte la chaleur.
La pureté et la
tranquillité sont la règle du monde.
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Si avec la moindre connaissance je marchais sur
la
grande Voie, je craindrais seulement de m’égarer.
Bien que la grande Voie soit très unie, les hommes aiment les
sentiers.
Quand la Cour est bien purgée, mais que les champs
sont pleins de mauvaises herbes et que les greniers sont
entièrement vides ; quand on porte des robes brodées,
qu’on se ceint d’épées tranchantes, qu’on se rassasie de
mets et qu’on possède un surplus de biens, j’appelle cela
pillage et hâblerie.
Pour sûr, c’est contraire à la Voie.
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Dans l’antiquité, ceux qui excellaient à pratiquer la Voie ne l’employaient pas pour éclairer
le peuple, mais pour l’abrutir.
Le peuple est difficile à gouverner quand il a trop de savoir.
C’est pourquoi celui qui gouverne un pays au moyen du savoir est un fléau pour ce pays. Celui qui ne gouverne pas un pays au moyen du
savoir est un bonheur pour ce pays. Celui qui sait ces deux choses scrute aussi la Mesure.
Savoir constamment scruter la Mesure s’appelle la Vertu secrète.
Cette Vertu secrète est profonde, elle est étendue et va à rebours des choses, jusqu’à ce qu’elle atteigne enfin la grande
Conformité.
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Si tu abolis la sagesse et rejettes le savoir, le peuple en aura cent fois plus de profit.
Si tu abolis l’humanité et rejettes la justice, le peuple reviendra à la piété filiale et à l’amour maternel.
Si tu abolis l’adresse et rejettes l’amour du gain, les voleurs et les bandits disparaîtront.
De peur que ces trois préceptes ne soient considérés comme lettre morte insuffisante,
Veille à ce qu’il y ait quelque chose en quoi l’on puisse trouver un appui.
Montre une simplicité naturelle et cramponne-toi à ce qui est sans artifice ; amoindris les intérêts privés et diminue les désirs.