« CALAMITY MAMIES »
Il est plus de minuit, nous sommes en France, au bord d'une rivière de province dans un petit parking. Flâner dans le camion d'un pôte, ça fait du bien, on se sent moins oppressé
et les angoisses sont dissoutes dans les paysages qui défilent. Nous avons regardé les canards colverts se baigner, l'eau à la bouche, pensant à la même chose: la bête plumée sur un
tourne-broche. Mais on ne tue pas les canards en plein ville dans une rivière, c'est interdit!
Alors on fume, ça nous calme, tout en dégustant un bon petit thé. Un jeune gaillard tout nerveux passe devant le camion et voit la porte ouverte:
- « Hé les gars! Vous auriez pas un peu de matos, j'ai plus rien à fumer! Eh! C'est cool dans votre camion!
On lui laisse tirer quelques taffes mais on a rien à lui donner. On lui conseille d'aller chercher ailleurs, dans une vraie ville...
- « Y'a pas d'ville à moins de quarante bornes, j'ai pas de caisse et pas de permis, c'est la merde ici, y'a rien dans ce bled à la con! Merci
quand même les gars et bonne chance pour la suite! »
Nous lui souhaitons de même.
Minuit, la lune rousse se fait la malle. Nous décidons de sortir un câble discrètement du camion pour aller se brancher sur le courant offert aux camping-caristes seulement. On a envie de se
mater un petit film culte sous les étoiles... Sur ce parking, protégés dans un camion nomade, nous regardons notre séance de ciné, nous sommes invisibles de l'extérieur et c'est une sensation
plutôt agréable!
Un bruit de verre cassé détourne soudain notre attention pour nous faire découvrir un gamin qui tente de briser la vitre d'une vieille bagnole.
Il rêve de s’emparer du véhicule. Il pense : vitesse, route, inconnu, île lointaine. Il pense, tout, sauf ici. Se barrer loin. Nous pensons intérieurement «tu fais trop de bruit pour un
braqueur» et comme nous sommes branchés à un câble du parking nous fournissant gratuitement le feu, nous restons invisibles. Pas envie d’être repérés. Pourtant, la même idée nous turlupine. Et
si c'était le gamin de toute à l'heure qui avait pris notre conseil au mot?
Soudain, des lumières, une porte qui s’ouvre et deux grands-mères surgissent en robes de chambres matelassées. Roses et armées jusqu’aux dents. L’une munie d’un énorme gourdin,
l’autre d’un fusil. Le jeune court vite et se confond rapidement à la nuit, bravant les buissons et la rivière. Il disparaît en quelques secondes.
Nous restons invisibles. Une balle perdue peut se loger sur nos fronts moites. Elles ne rigolent pas les mémés, non, elles vocifèrent. Elles tournent comme deux zombies affamées
dans le parking armes en main pour trouver le malfrat et lui coller une raclée, voir un plomb bien placé! Nous ne sortirons pas même pour faire un petit besoin. Maintenant c'est sur, les flics
vont arriver en retard et s'ils nous repèrent, nous serons soupçonnés et pris à témoin. Les gens comme nous ne sont pas très bien vus par les autorités....
Trois quarts d’heure plus tard, bien après la bataille, gyrophares allumés, faisant crisser leurs pneus, les keufs viennent constater l’effraction. Ordinateurs de bord,
déposition à l'américaine, tour du parking. Seul véhicule garé dans le vent, nous passons encore inaperçus. Nous commençons à nous demander si à force d'espérer être invisibles, nous ne le
sommes pas vraiment devenus!... Mais aucun des robot-cops ne songe à confisquer les armes au troisième âge. Incroyable! Fallait vraiment être imperceptibles pour constater un spectacle pareil,
les deux mamies gigotant devant les flics avec les armes en main sans que ça ne gêne personne. La vie d’un jeune ne vaut rien face à de la tôle ondulée!
Méfiez-vous des Mémés, elles possèdent plus d’un tour dans leur sac.
Nous, nous restons invisibles. Nous méditons sur cette société matérialiste...
travellers en enfer
teknival de tchéquie 2005
Au commencement était la joie....Les convois sont
partis dans la nuit pour se trouver à Pilzen, en direction de la frontière allemande. Quelques jours auparavant, les travellers et particulièrement les français s' étaient faits éjecter du
parking du Cross Club par la police de Prague, les robocop tchèques sans âmes.
Les camions aux immatriculations étrangères sont souvent mis en fourrière, qu'ils soient bien ou mal stationnés. On aime guère les français ici, ils envahissent le pays,
s'installent comme des princes dans la ville, prennent les femmes tchèques dont ils raffolent et qui ne demandent que ça et surtout, ils ne sont pas de bons consommateurs, traffiquant et
survivant dans les milieux alternatifs et plutôt autonomes, vivant dans leurs amions avec leurs chiens et leurs déguaines post punk perçés et tatoués. Ca fait tâche et crad pour une ville comme
Prague, symbole de la propreté de l'Est dont les touristes raffolents ! Défaut principal du traveller français ? Envahir les free party et les technivals tchèques au point de tripler ou
quadrupler la taille de lévénement...Shit ! Il faut dire qu'en France, la guerre à la tekno est déclarée depuis longtemps, les travellers, moutons noirs de la société, sont chassés à tout
vent...Quand au tchèque sa xénophobie n'est plus à prouver...
Pilzen, quatre heures du mat : des dizaines de mètres de
camions arrêtés sur le bord de l'autoroute, il n'y aura pas de teknival ici, l'endroit est déjà banni et envahi de Robocops. C'est le chaos qui commence ! On attend un peu et les news tombent :
il y a un terrain loué par les organisateurs tout près de la frontière, ça ne me dit rien qui vaille, je sens qu'on va se faire raccompagner gentlment vers l'Allemagne, mais si je l'ouvre, on
va me dire que je suis défaitiste alors je pense en silence, couchée au fond du camion, essayant de me reposer avant l'orage.
C'est le petit matin, et tous les camions sont acculés sur l'autoroute, quelques kilomètres de bouchons. Nous ne pouvons
plus avancer, le premier barrage de police ferme l'entrée au site, seuls quelques camions ont pu se faufiler. Impossible de faire machine arrière, on ne fait pas demi tour sur l'autoroute et
les quelques fous qui tentent de démonter les glissières de sécurité se font rosser sans attendre. Les heures passent, le soleil monte au zenith et nous avons avancé de quelques mètres, les crs
ont libéré un passage pour que les poids lourds et les touristes pris dans le convoi puissent sortir, ça sent le cramé, il ne reste que nous, les vilains, piégés sur cet autoroute fermé de tous
cotés. En attendant, quelques uns distribuent du café et tout le monde s'installe sur le bitûme, encore confiants, ce teknival doit avoir lieu, c'est la douzième année!
De l'autre coté, les flics se renforcent, on voit passer sur les routes annexes des camions de l'armée et
un hélico commence à faire des rondes dans le ciel orageux. D'abord une vingtaines, puis trente, puis cinquante, les crs prennent place, narguant les travellers pacifistes de leurs rires
narquois et vicieux, attendant le feu vert pour foncer dans le tas. Le feu vert de qui d'ailleurs ? Tout ça n'a pas l'air bien légal ! Les organisateurs ont appelés un avocat, à moins qu'il
arrive par les airs à dos de pigeon, on est pas prêts de le voir!...
Les lances à eau s'installent, à l'avant et à l'arrière du convoi comme sur le site. Nous sommes définitivement piégés.
La tension monte, il faut se barrer. Les potes ont un camion plein de son et de victuailles, il paraît que les flics commencent à saisir tout ce qui traîne sur le site. Enfin la sommation
tombe, nous avons quarante minutes pour dégager la route avant la première charge. La frontière est à 5 kilomètres, ils laissent passer ceux qui veulent partir et les autre se feront casser la
gueule purement et simplement ! Rappelons que le traveller est un être généralement pacifiste et non-violent...on entend les rumeurs, des camions ont déjà été attaqués par les forces du
désordre, quelques travellers bléssés et trainés pas les cheveux. Nous voyons de l'autoroute les premiers jets d'eau sur la foule, cette fois c'est la fin. La mort dans l'âme, nous suivons le
convoi de départ et nous partons juste à temps, regardant le défilé de Crs commencer à charger les gens, jeunes filles et jeunes hommes inocents qui se font matraquer gratuitement. Les caméras
filment les yeux dégoutés et les visages dépités. Nous nous retrouvons sur l'aire d'autoroute à quelques pas de là, nous faisant jeter par les touristes français qui aimeraient bien pique
niquer au calme sur les pelouses, se foutant éperdumment de ce qui se passe non loin de là. Il faut partir, la police menace de venir nous casser la gueule ici si nous ne dégageons pas. Nous
quittons nos potes qui repartent vers Prague et prenons le chemin de l'Allemagne, le coeur bien lourd.
Deux jours plus tard, les nouvelles de nos amis nous glacent le sang. Le samedi, le site était ouvert à
tous et tous y ont cru, confiants et heureux de pouvoir enfin faire la fête. Ils sont allés tout froit dans les griffes du loup car une fois installés, l les forces de l'ordre ont chargé tout
le monde, à coup de matraques, de gazs et de bombes, écrasant mortellemnt au passage un innocent, blessant beaucoups de gens, cassant beaucoup de véhicules. Les travellers furent sommés de
regagner la frontière et les Rocobops locaux gagnèrent la petite guerre dans la plus grande illégalité. Les teuffers eux, pour une fois avaient une autorisation de terrain, venaient en paix au
douzième teknival tchèque qui n'eut jamais lieu. On attend maintenant bien sur, la loi qui interdira définitivement les free party en république Tchèque, soit disant nouvelle destination cool
pour les travellers. On m'en reparlera !!! Des faux témoignagnes, des signatures en bas de dépots de plaintes forcées, la police locale n'a rien perdu de ses méthodes radicales
d'autrefois...sans doutes des nostalgiques du parti !
La guerre continue et ne
s'arrêtera certainement pas là. Le traveller est un éternel danger partout dans ce monde, regardé comme un sorcier dangereux apportant son message de liberté et d'indépendance, tels les gitans
d'hier, refusant de bêler et de marcher au pas, artiste troubadour céleste, il n'a pas fini d'en voir et de se faire tirer dessus ! Mais on lui souhaite bonne et longue route, coûte que coûte,
dans la paix et dans la joie...
texte paru das le magazine
web e-torpedo, dans sistoeurs magazine, Relié sur Bellaciao
SORCELLERIE, combat des femmes rebelles et des marginaux.
Il
n'a jamais été bien vu dans nos sociétés occidentales d'être différent, artiste saltimbanque, trop amoureux ou adorateur de la nature ou simplement pauvres. La persécution de ces derniers aux
fils des ages nous le montre bien. Il n'est d'ailleurs pas exclu que ces temps puissent revenir si l'on se base sur les phénomènes cycliques de l'histoire des hommes. La recrudescence actuelle
des différents fanatismes religieux et l'attirance des violences corporelles peuvent aiguiller nos sens et notre flair. L'homme n'a t- il pas toujours eu besoin des spectacles de tortures et de
mises à mort publiques? On appelait autrefois sorciers les marginaux, les érudits, les gens libres, les femmes guérisseuses et les artistes.
En 589 apparût pour la première fois le terme de "sorcier" essentiellement dans les campagnes. Il semblerait que la sorcellerie ait
deux origines. L'une est la transmission pure des traditions orales des vieilles religions antiques, qui ne firent que plier devant la propagation du christianisme.
L'opposition entre la religion célébrée en pleine lumière et les cultes nocturnes aux divinités vaincues
était née. Il y avait là une révolte religieuse. Les lieux de rendez vous des sorciers se trouvent toujours auprès de monuments mégalithiques ou de ruines romaines. Les jours de Sabbat sont
souvent les mercredi (mercure) et les vendredi (vénus).
L'autre raison serait de l'ordre de la révolte sociale. Le sabbat est alors parodie du catholicisme et invocation aux dieux morts. Il
est également caricature des usages sociaux (hommages), et l'appel aux forces du mal pour trouver enfin sur terre le bonheur...
Les affaires de sorcellerie sont nombreuses du Moyen Age à la fin du 17è siècle, en fait chaque fois que surviennent dans un pays des
malheurs économiques ou sociaux.
Au moyen Age, la mystérieuse croisade des Pastoureaux conduisit vers Bourges des milliers de jeunes gens et
d'enfants. La peste noire de 1348 amène une vague de sorcellerie en Haute- Provence. Dans les Flandres au Xv è siècle, la Vauderie d'Arras née dans une époque d'incertitude politique causa des
centaines de victimes: filles de joie, ménestrels, hommes et femmes de petite condition. Les rebelles sociaux sont assimilés à des sorciers.
La persécution s'arrêta sur l'ordre de du duc Philippe Le Bon pour des raisons économiques et surtout parce que l'on commençait à
poursuivre des gens nobles et haut placés.
En Normandie, on s'en prenait aux bergers, libres porteurs de messages, rumeurs et idées subversibles nommés « va nu pieds
».
l'Église a, au cours des ages varié son opinion à l'égard de la sorcellerie Jusqu'au 13 è elle se montre
plus tolérante envers les sorcières, puis vient un revirement terrible au 15è. De Jésus Christ jusqu'au 6 ème siècle, l'Eglise considère les démons comme des dieux païens et par la suite
considérera les sorcières comme des victimes d'illusions. Vers l'an 900 on conseille de les chasser du territoire. Le fait qu'au 13 è apparaît le stricte célibat ecclésiastique et les hérésies orientales. Des frustrations des moines de l'époque naissent de nombreux actes barbares. On constate qu'il n'existe pas une figure de notable de
sorcier dans l'histoire de la sorcellerie mais que de grandes sorcières! Elles représentent le réceptacle vivant de tous les pêchés, de toutes les révoltes. Les moines
chastes l'ont condamnée, offensés de sa nudité ou ils cherchaient la marque du diable, sans pitié pur la rebelle à leurs lois...
l'Église aura de plus en plus tendance au fil du 19 è siècle, à les considérer comme des malades mentales ou des
possédées.
A la fin du moyen
Age, les poursuites exercées contre les sorciers devinrent laïques. Cependant, l'Official (justice cléricale) eut encore, en maintes occasions, à connaître des cas de
sorcellerie.
Le procès commence
par l'information d'un fait dénoncé, une délation à laquelle s'ensuit une enquête. Les témoins sont présentés au juge ou on lit un monitoire pour « invite » les fidèles à révéler ce qu'ils
savent sous peine de représailles s'ils se montrent réticents dans leurs témoignages. On constitue ainsi l'accusation avec preuves qui entraînera l'arrestation et la
torture.
« Sorcière est
appelée celle qui a rougi ou tremblé devant le juge. Sorcière est appelée celle qui habite un village entaché de réputation maléfique. Sorcière est désignée celle chez
laquelle des personnes sont mortes. Sorcier le blasphémateur et le vagabond. Sorcière le pauvre errante et sorcier le berger solitaire. Sorciers ceux et celles qui rôdent autour des cimetières
au crépuscule ou qui ne crient pas pendant les tortures.... ».
Il fallait lors des
procès éloigner l'accusée du magistrat et l'empêcher de toucher à la terre (mythe d'Antée). Aussi, on la plaçait dans une cage suspendue à un
bâton porté par deux officiers de justice. La sorcière étant un par essence maudite, le juge n'avait aucune précaution pour lui extirper des aveux. Non seulement la torture était de rigueur mais le juge pouvait en toute impunité mentir à l'accusée. . L'interrogatoire de la sorcière durait jusqu'à lassitude du magistrat. En même temps on cherchait
sur son corps la fameuse marque insensible faite pas le diable lors des Sabbats. Les chirurgiens enfonçaient de longues aiguilles sur le corps de l'accusée. La marque était souvent une
cicatrice, un durillon, une corne quelconque...Le prisonnière était ensuite jetée à l'eau. Coupable si elle flottait, innocente si elle coulait à pic. La peine de mort
était celle du feu. Contrairement à ce que l'on croit le corps vivant n'était pas brûlé mais étouffé et léché par les flammes. Il était brûlé dans le bûcher et non pas dessus. Par un
adoucissement de supplice, la sorcière était parfois étranglée avant...Accusées et condamnées à mort pour s'être adonnées aux pratiques orgiques, d'usages de substances illicites et d'érotisme
torride.
Le juge Nicolas Remy
envoya au bûcher trois mille sorcières e sorciers de 1576 à 1591 en Lorraine. H. Bouguet en exécuta six cents dans le Jura. De Lancre en envoya cinq cents aux flammes, essentiellement de très
jeunes femmes et des enfants. En Allemagne, pays ravagé par les guerres religieuses et les révoltes paysannes plus de trente mille victimes entre le 16è et le 18è siècle.
Avant de partir au
Sabbat, la sorcière se frottait le corps d'un onguent mais avalait aussi une certaine drogue. Les cocktails trouvés dans les procès normands contenaient une très forte dose de Belladone.
Margaret Murray dans son livre "le dieu des sorcières" indiquait aussi l'Aconit qui produit un rythme cardiaque irrégulier et la Belladone qui entraîne le délire. Il paraît possible que la
combinaison des deux produise la sensation de vol. Le Sabbat, délire onirique, sera évidemment la transposition des désirs charnels plus ou moins refoulés à l'état de veille. La sorcière verra
danser au Sabbat celui qu'elle désire.
Toutes ces pratiques
faisaient des sorcières des personnages redoutables et redoutés.
Aujourdh'ui, ces Sabbats ont lieu dans nombreuses fêtes de pleines lunes et de parties faites dans la nature sans autorisations ou rien ne semble aux normes de la société actuelle. Et
bien sur qu'y retrouve t-on? Des femmes libres et dévergondées, des rebelles, des saltimbanques, des artistes, des « va nu pieds, des nomades, des chamans, des amoureux de la nature, les
adeptes du voyage sans bouger, les errants et les pauvres...Belle brochette de réincarnations de suppliciés bien décidés à prendre leur revanche sur les monsieurs propres de la pensée
bourgeoise , catholique et les grands frustrés de la politique...
EXTRA: QUELQUES PETITS FAITS DIVERS
VAUDERIE D'ARRAS:
Le XIIIè siècle sera le siècle des exécutions, les sorciers y sont brûlés par centaines.
L'histoire de la Vauderie d'Arras, vers 1460, démarre par les confessions d'un ermite qui accuse deux personnes de sorcellerie, en fait d'actes sexuels contre nature. Il s'agit d'une femme dite
folle de son corps et d'un vieux poète artiste peintre. Les deux avouent alors tout ce qu'on veut bien leur faire dire sous la torture et du coup de nombreuses personnes se retrouvent sur le banc
des accusés. Voici ce que l'inquisiteur De Broussard résume des accusations portées: « Ils avaient besoin d'une pommade surnaturelle. Ils donnaient des hosties à manger aux crapauds qui étaient
brûlés, mis en poudre et on y ajoutait de la poudre d'os de pendus et du sang de jeunes enfants. Cette pommade servait à enduire une baguette placée entre les jambes, sur les semelles et les
mains et permettait de partir au galop aux sabbats.
Nous sommes au début du dix septième
siècle. L'ordre des Jésuites sera reconnu coupable par Rome d'avoir utilisé l'énergumène de Nancy et ses transes délirantes pour assouvir une vengeance ses adversaires religieux franciscains et
se débarrasser plus facilement d'eux . Elizabeth de Ranfaing est alors une religieuse obscure au passé lourd fondatrice de l'Ordre du refuge de Nancy. Elle naît de parents détraqués et en
conserve les tares, on la dit alors atteinte d'obsession sexuelle. Elle fut mariée à un soudard, homme de guerre brutal et grossier et dut se plier au pire sort qui pouvait advenir à une femme
à l'époque. Nombreux cas d'hystérie ont lieu chez les femmes les plus rebelles et il est alors aussi bien facile que pratique de les diaboliser. Cet homme, beaucoup plus âgé et à qui elle donna
six enfants, à raison d'un par an lui promet un avenir épuisant mais la laisse vite veuve et emprunte à des comportements de désirs sexuels refoulés. Son dévolu est alors jeté lors d'un
pèlerinage sur un médecin qui commet le crime de ne pas tomber sous ses charmes. Elle prend alors sa revanche en devenant nonne. Puis, après avoir été déclarée possédée, elle accuse le médecin
en question de sorcellerie et le fait brûler vif. Depuis lors, des phénomènes de lévitation se multiplient et de nombreuses crises d'hystérie font honneur aux exorcismes pratiqués et elle
devient l' esclave de ses maîtres spirituels, les Jésuites. Les franciscains excédés font appel à la grande autorité de Rome et obtiennent gain de cause, Elizabeth meurt sois disant terrassée
de chagrin
BAMBERG/ Allemagne:
La prison devient trop petite face à l'épidémie qui ravage la contrée (trente mille victime en cent cinquante ans), on construisit alors une maison spéciale pour y enfermer les sorcières. Vingt
six femmes y furent emprisonnées et séparées les unes des autres. Il sera écrit sur la porte:
"Cette ma ison sera un exemple de justice de ma justice. quiconque passera devant sera frappé de stupeur et dira :"Pourquoi le seigneur traite t'il si durement les habitants decette maison ?"
et il lui sera répondu:"Parce qu'ils ont abandonné le seigneur leur Dieu et suivi les Dieux étrangers"...
Il sera aussi écrit à l'époque: "La femme est plus charnelle que l'homme, ce qui ressort de la formation d'Eve, car elle a été formée d'une cote de la poitrine de l'homme qui était tordue, ce
qui fait qu'étant un animal imparfait, elle est toujours plus sujette aux suggestions du démon.
L'AFFAIRE GAUFRIDI: ous sommes en 1609, Madeleine de Mandol et Louise Capel sont atteintes de convulsions et vont
accuser un prêtre de Marseille Louis Gaufridi de les avoir ensorcellées et Madeleine d'avoir abusé d'elle lorsqu'elle avait neuf ans. Les deus religieuses furent exorcisées par un inquisiteur
dans le grotte de sainte Beaume. Gaufridi fut accusé deles avoir au Sabbat, il fut torturé et avoua et finit brûlé à Aix. Les deux bougresse disparurent; On sut que Madeleine mourut en prison, ou
elle était enfermée après avoir été aussi accusée de sorcellerie
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